27 mai 2006
J-M Baylet
D'intelligentes déclarations du président du PRG.
Baylet (PRG) : «Nous avons des divergences fondamentales avec le PS»
Propos recueillis par Rodolphe Geisler
26 mai 2006, (Rubrique France)
Président du Parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet critique le projet du PS pour 2007.
LE
FIGARO. – Vous vous étiez montré assez critique envers le Parti
socialiste après le congrès du Mans. Le projet présenté cette semaine
par la direction du PS vous paraît-il cette fois plus réaliste ?
Jean-Michel BAYLET. –
Mes critiques à l'encontre du PS demeurent puisqu'elles portaient
surtout sur les affrontements entre courants et sur les disputes
d'hommes, qui priment sur l'intérêt du PS et de la gauche. Cela étant
dit, j'ai parcouru leur projet. Je retiens qu'il y a beaucoup de
convergences avec nous, mais je note aussi quelques divergences
fondamentales. D'abord les nationalisations. Vouloir renationaliser
EDF, c'est vraiment revenir à de vieilles lunes. Nous sommes en effet
sortis des conneries du collectivisme depuis longtemps ! Je ne crois
pas que ce soit pertinent ni en termes économiques, ni en termes
politiques. Deuxièmement, reprendre le débat sur les 35 heures ne me
paraît pas non plus une bonne chose. Sur ces deux points, je trouve que
le Parti socialiste se fourvoie quant à son projet.
Le PS parle beaucoup de dépenses mais ne dit rien sur la dette et les déficits...
Le problème de la dette est un sujet très sérieux. Il va de soi qu'il faut plutôt réduire les dépenses que de les accentuer.
Le PS parle également d'abroger plusieurs lois votées depuis 2002. Vous partagez cette idée ?
Je pense que c'est anti-laïc
que de vouloir tout de suite abroger, détruire ce qui a été fait par
les majorités ou gouvernements précédents. En fait, on devrait moins
légiférer et prendre plus de temps pour la concertation, élaborer de
bonnes lois, et ensuite s'y tenir. Abroger par idéologie n'est pas une
bonne chose, même si le problème des retraites reste entier et qu'il
faudra intervenir.
Vous dénoncez toujours le coup de barre à gauche toute du PS...
Je n'ai pas changé de position
là-dessus. Je regrette en effet qu'une fraction du PS se laisse
endormir par les sirènes de l'extrême gauche, qui se pose elle-même
comme principe de ne pas gouverner. Les choses sont faciles quand il ne
s'agit que du ministère de la démagogie ! Mais lorsqu'il s'agit de
redresser le pays, c'est autre chose...
Le PRG, comme en 2002, aura-t-il un candidat en 2007 ?
Le PRG aura un candidat, sauf si – mais je commence à en douter – notre appel pour des primaires était entendu.
Vous-même, vous pourriez être ce candidat ?
J'ai toujours dis que je
souhaitais que nous présentions le meilleur. Ça peut être Bernard Tapie
ou Christiane Taubira. Mais il n'est pas impossible que finalement
beaucoup de militants demandent que ce soit moi.
Lefigaro.fr