Avec Bernard Tapie en 2007

Pour rassembler et provoquer une dynamique afin de proposer Bernard Tapie comme candidat du PRG en 2007. Site non-officiel !

14 février 2006

Gagner, l'enfance de Tapie.

Quelques lignes tirées du livre Gagner de Bernard Tapie publié en 1986, quelques orientations vers ce qui l'a poussé à devenir ce qu'il est.


Le décor qui a été celui de mon enfance ne mériterait pas trois lignes, tellement il était banal dans ces années de l'immédiat après-guerre. Je vous offre néanmoins une visite guidée des lieux, ne serait-ce que pour l'édification des jeunes générations. Imaginez un appartement de vingts mètres carrés à peine où nous logions à quatre, mes parents, mon frêre et moi. C'est dans les six mètres carrés de notre cuisine que ma mère préparait les repas, faisait la lessive et le repassage, cousait tous nos vêtements. C'est là que se déroulaient presque tous les actes de la vie quotidienne, notre pièce d'habitation ne contenant que lits, armoires et chaises. C'est là aussi que se trouvait notre unique point d'eau: le robinet de l'évier qui ne distillait que de l'eau froide. Bien entendu, pas de salle de bains. Pour connaître ce luxe j'ai dû attendre d'avoir dix-huit ans. Si j'ajoute que les toilettes, communes à tout l'immeuble, étaient au fond de la cour, vous aurez fait le tour du panorama. Mais je ne suis pas là pour faire pleurer Margot ou tomber dans je ne sais quel misérabilisme obscène ; ils sont encore bien suffisamment nombreux aujourd'hui, ceux qui recourent à cette recette quasiment infaillible.


pages 12 et 13.



En dix ou douze ans, le stade était devenu ma résidence secondaire. Je me trompe: ma résidence principale. J'y ai appris qu'un chef n'est pas seulement celui qui commande, mais surtout celui qui donne l'exemple. Il doit rendre les autres meilleurs et leur montrer ce qu'il faut faire. A charge pour lui de balayer les manques, les lacunes, d'être partout pour essayer de colmater les brèches et surtout de procurer une image valorisante à son équipe. J'en ai tiré un enseignement très précieux: on ne devient pas le meilleur en faisant cavalier seul. Le chef le vrai chef, n'est jamais le Caudillo, le führer ou le gauleiter, ou tout autre pantin sanglant et qui surgit de la fécondation in vitro de l'histoire avec le crime pour essayer de sauver le monde malgré celui-ci, et pour lequel la fin justifie n'importe quel moyen.


page 17.



C'est le fond du problème: la transmission des savoirs, la prestation qui change du tout au tout selon que vous êtes puissant ou misérable, mais cela est valable aussi bien ici qu'à Moscou. Il est évident que l'apparatchik breveté et autoproclamé de la nomenklatura soviétique n'est pas traité comme le fils du paysan de Bakou. Ma famille, les gens comme nous, qu'est-ce qu'ils étaient, sinon des chiffres dans une statistique, de la chair à canon et une bonne main-d'oeuvre dans les usines ? Le peuple est fait pour éxecuter, pour obéir, pour suivre, sans commentaire.


page 23.



Quand j'ai compris la domination de l'expert "qui sait", j'ai voulu moi-même en savoir d'avantage. Aujourd'hui, je ne prends jamais une affaire si je n'en sais pas autant que l'ingénieur qui est le spécialiste de la question.
Le savoir est une énergie de notre temps, le pétrole de notre conduite. On nous piège par le savoir: c'est la connaissance du garagiste par rapport à l'automobiliste qui n'entend rien au fonctionnement de sa voiture; c'est la compétence du médecin qui connaît votre corps tellement mieux que vous et sur lequel vous n'avez aucune prise, c'est l'autorité du professeur imbu de science, comment discuter l'une des assertions puisque, encore une fois, elle a dans nos têtes pratiquement force de loi ?
Aujourd'hui, que ce soit dans le domaine de la mode ou du sport, de l'alimentaire ou des piles alcalines, je tâche de faire en sorte que rien de ce qui appartient au domaine qu'englobe le groupe Bernard Tapie ne me soit étranger.


page 27.

Bernard Tapie, Gagner, Robert Laffont, 1986

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11 février 2006

A propos d'Alain Minc

minc_1_C'est un touche-à-tout brillantissime. L'un de ses célèbres employeurs qui avait pris pour argent comptant ses conseils a perdu des milliards, un peu comme le général Custer pris au piège du défilé de Little Big Horn. D'ailleurs M. Minc a quelque ressemblance avec Dustin Hoffman. Mais pour les idées, il constitue une sorte d'hybride d'Antoine Pinay, de Jacques Julliard et de Mère Teresa. Je sais, c'est difficile à se représenter. Mais le génie est ainsi fait qu'il ne se laisse pas facilement voir par ses contemporains. Faites l'effort, cela en vaut la peine.
Pour vous aider, je prendrai une comparaison dont le manque de modestie ferait hurler. Je suis confus mais je ne saurais pas mieux dire: Alain Minc, c'est l'anti-Tapie. Il est aussi chic que je suis vulgaire, aussi bien éduqué que je suis mal élevé. J'ai fais sans passion des études sans panache. M. Minc a tellement été premier  de toutes les grandes écoles françaises qu'il a du s'exiler à l'étranger pour en faire encore une ou deux autres. Je passais sottement mes soirées chez moi, au milieu de ma famille, quand il brillait de mille feux des ces clubs "happy few" où la gauche et la droite convergent en de graves méditations sur la condition ouvrière. Je suis en prison; il est au pinacle. Je suis une "grande gueule"; il est presque inaudible. Je suis violent; il a des manières exquises. Si vous voulez définir le bon et le mauvais goût, prenez lui et moi: nous ne sommes pas du même monde... Il m'est même arrivé de penser qu'Anne Sinclair ne m'invitait à 7 sur 7, après lui, que pour souligner ce contraste et édifier ainsi le téléspectateur. M. Minc pousse d'ailleurs la coquetterie jusqu'au détail: je suis bêtement ancien ministre; il a le talent d'être toujours annoncé comme futur ministre.

Bernard Tapie, Librement, éditions Plon, 1999


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02 février 2006

Le rôle du politique

Quand je revois mon père lisant L'Humanité, chez nous au Bourget, j'ai l'impression qu'il avait conscience de l'injustice , qu'il la regardait froidement comme une question politique, mais qu'il n'entendait pas pour autant se révolter contre l'ordre de la société. Ma rébellion à moi était individuelle. Il me semblait que je pouvais échapper au rôle que d'autres avaient écrit pour moi, que je n'étais pas obligé de le jouer. Bien sûr, dans nos bandes d'adolescents, dans les équipes de sports collectifs, que je préférais à l'effort solitaire, dans l'organisation militaire lors de mon service, j'avais eu l'occasion de vérifier la force d'un groupe de gens unis et déterminés par rapport aux individus éparpillés. Bien sûr aussi, j'avais de la considération pour les responsables politiques, à cette époque où les citoyens respectaient plus leurs élus qu'aujourd'hui. Évidemment, j'avais côtoyé de nombreux politiques de tous bords à l'occasion de rachats d'entreprises ou de projets de rachat et j'en avais croisé plus d'un à l'occasion des différentes émissions de télévision auxquelles j'avais participé. J'ai ainsi pu constater qu'un grand nombre d'entre eux étaient sincèrement dévoués au bien public, j'en ai vu plus d'une et plus d'un sacrifier leur vie personnelle, leur vie de famille, pour ne se consacrer nuit et jour qu'aux charges de leur commune, de leur département ou de leur région.

Bernard Tapie, Librement, éditions Plon, 1999



On serait tenté de demander à Bernard Tapie de s'investir - lui - pour sa nation, pour notre nation, nous avons l'impression qu'il est l'un des seuls à en être capable.

Tapie2007

Posté par Tapie2007 à 19:07 - Citation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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